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L'occupant refuse de partir malgré la procédure : que faire ? (2026)

Marc Lefebvre
Marc Lefebvre
Spécialiste du bien squatté
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En bref

  • Après le jugement, l'huissier signifie la décision. Les occupants ont 2 mois légaux pour partir.
  • S'ils refusent, vous demandez le concours de la force publique à la préfecture.
  • La préfecture peut refuser, ce refus doit désormais être motivé par écrit (loi 2023).
  • En cas de refus préfectoral, une indemnisation de l'État est possible via le tribunal administratif.
  • La vente du bien pendant la procédure est une option légale et concrète.

Vous avez obtenu votre jugement d'expulsion. L'huissier l'a signifié. Et rien ne se passe. Les occupants sont toujours là, ignorent la décision de justice et refusent de partir. C'est une situation plus fréquente qu'on ne le croit. Voici les recours qui existent.

Après le jugement, les 2 mois de délai

Quand un jugement d'expulsion est rendu, l'huissier le signifie aux occupants. À partir de cette signification, ils disposent légalement de 2 mois pour quitter les lieux. Ce délai est incompressible, il ne peut pas être raccourci sauf dans des cas très particuliers.

Pendant ces 2 mois, les occupants peuvent aussi saisir le juge de l'exécution pour demander des délais supplémentaires. S'ils apportent des éléments de vulnérabilité (enfants en bas âge, problème de santé grave, absence de solution de relogement), le juge peut accorder jusqu'à 3 ans de délai supplémentaire. C'est rare mais ça existe.

Le délai de 2 mois ne suspend pas votre recours Vous pouvez préparer la demande de concours de la force publique dès la signification, sans attendre la fin des 2 mois. Avoir votre dossier prêt vous permettra d'agir immédiatement si les occupants ne partent pas.

La demande de concours de la force publique

Si les occupants ne partent pas à l'issue du délai de 2 mois, l'huissier ne peut pas les expulser physiquement seul. Il doit demander le concours de la force publique (la police ou la gendarmerie). Cette demande est adressée à la préfecture du département.

Le dossier à constituer comprend, la copie du jugement définitif, le procès-verbal de signification, la preuve que le délai de 2 mois est écoulé, et la demande formelle de concours. La préfecture dispose d'un délai pour statuer, en pratique, les réponses arrivent en 1 à 3 mois selon les départements.

Si la préfecture refuse

La préfecture peut refuser d'accorder le concours de la force publique. Les motifs invoqués sont généralement liés à l'ordre public (risque de troubles lors de l'expulsion) ou à des circonstances humanitaires particulières. Depuis la loi de 2023, ce refus doit obligatoirement être motivé par écrit, ce qui facilite les recours.

Un refus préfectoral ne clôt pas le dossier. Il ouvre deux options supplémentaires, le recours devant le tribunal administratif pour forcer l'intervention, et la demande d'indemnisation de l'État pour le préjudice subi.

L'indemnisation de l'État

Si la préfecture refuse le concours de la force publique alors que vous disposez d'un jugement définitif, l'État est responsable du préjudice que vous subissez. Ce mécanisme d'indemnisation est prévu par la loi et validé par la jurisprudence du Conseil d'État.

Le préjudice indemnisable comprend la perte de loyers depuis le refus, les charges payées sans contrepartie, et les dégradations causées depuis le refus. La procédure d'indemnisation se déroule devant le tribunal administratif. Elle prend plusieurs mois mais les montants alloués peuvent être significatifs selon la durée du blocage.

Les pressions légales disponibles

En parallèle des recours administratifs, quelques leviers légaux supplémentaires existent.

  • Signalement au procureur de la République, si les occupants résistent activement à l'exécution d'une décision de justice, cela constitue une infraction pénale. Un signalement au parquet peut déclencher des poursuites.
  • Saisie des biens des occupants, si le jugement a condamné les occupants à vous verser une indemnité d'occupation, vous pouvez demander une saisie de leurs revenus ou comptes bancaires via un huissier.
  • Recours en référé, si le juge de l'exécution a accordé des délais supplémentaires que vous estimez injustifiés, vous pouvez faire appel de cette décision.

Si vous en êtes là de la procédure et que votre bien est bloqué depuis des mois, notre guide complet sur les premières actions à mener quand son bien est occupé illégalement peut aussi vous aider à vérifier si des étapes ont été manquées en amont.

La vente comme sortie de blocage

Beaucoup de propriétaires arrivent à ce stade épuisés, financièrement et psychologiquement. La procédure a duré plus de 2 ans, la préfecture bloque, les recours s'accumulent. À ce moment, la vente du bien devient une option sérieuse à considérer.

Vendre la maison malgré les squatteurs est légal. L'acquéreur reprend la procédure et ses droits à son compte. Il dispose souvent de moyens et d'un réseau pour débloquer plus vite la situation. La décote est réelle mais peut être moins importante que deux années de charges, d'honoraires et de stress.

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Questions fréquentes

Que faire si l'occupant refuse de partir après le jugement ?

L'huissier signifie le jugement et accorde un délai légal de 2 mois. Passé ce délai, vous demandez le concours de la force publique à la préfecture. Si la préfecture refuse, vous pouvez saisir le tribunal administratif et demander une indemnisation à l'État.

Combien de temps l'huissier attend-il avant d'agir ?

Après la signification du jugement, les occupants disposent de 2 mois légaux pour partir. Le juge de l'exécution peut accorder des délais supplémentaires à leur demande. Passé le délai, l'huissier peut procéder avec le concours de la force publique.

La préfecture peut-elle refuser le concours de la force publique ?

Oui. Elle peut refuser pour des motifs d'ordre public ou humanitaires. Ce refus doit être motivé depuis la loi de 2023. Le propriétaire peut alors demander une indemnisation à l'État via le tribunal administratif.

Peut-on vendre son bien pendant que la procédure est en cours ?

Oui, tout à fait. La vente d'un bien avec des occupants sans titre est légale. L'acquéreur reprend la procédure à son compte. Des acquéreurs spécialisés proposent des offres tenant compte de la situation d'occupation.

Marc Lefebvre

Marc Lefebvre

Spécialiste du bien squatté

Marc Lefebvre est spécialiste du bien squatté chez Expert Bien Squatté. Il décrypte les procédures d'expulsion et les options de vente pour les propriétaires de logements occupés.

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