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Vendre un bien squatté à Marseille

Ici, l'occupation illicite se superpose souvent à un problème d'immeuble. Arrêté de mise en sécurité, copropriété en difficulté, réseau de sous-location. Récupérer les clés ne suffit pas toujours à récupérer un bien exploitable.

En bref

  • La particularité marseillaise tient au cumul, l'occupation venant fréquemment s'ajouter à un immeuble déjà dégradé ou frappé d'un arrêté.
  • Un logement sous interdiction d'habiter ne peut pas être reloué après le départ des occupants, tant que les travaux prescrits ne sont pas levés.
  • Dans certaines copropriétés, des réseaux investissent les logements vacants et les sous-louent à des occupants qui se croient locataires.
  • Avec un marché autour de 3 340 €/m², la valeur du bien absorbe mal des travaux lourds, ce qui écrase les marges de manœuvre.
  • La demande de force publique s'adresse au préfet des Bouches-du-Rhône, qui dispose de deux mois pour répondre, son silence valant refus.

Le vrai problème marseillais, c'est le cumul

Ailleurs en France, un propriétaire confronté à une occupation illicite a un problème, l'occupation. À Marseille, il en a souvent deux. Le logement occupé se trouve fréquemment dans un immeuble qui a lui-même des difficultés, une copropriété endettée, des parties communes hors d'usage, parfois un arrêté de mise en sécurité, l'ancien arrêté de péril.

La Ville dispose d'un dispositif étoffé sur ce terrain, avec un pôle départemental de lutte contre l'habitat indigne associant la préfecture, la police nationale, la métropole et la Caf, et une plateforme de signalement dédiée. Cet arsenal protège les occupants et traque les marchands de sommeil. Il ne fait rien pour le propriétaire de bonne foi dont le bien est pris dans l'engrenage, et c'est là que les dossiers s'enlisent.

Quand récupérer les clés ne suffit pas

Beaucoup de propriétaires raisonnent en une seule étape, faire partir les occupants. À Marseille, il faut en compter deux.

Le piège de l'interdiction d'habiter Si votre logement est frappé d'une interdiction d'habiter, l'expulsion ne vous rend pas un bien exploitable. Vous récupérez un local que vous n'avez le droit ni d'occuper, ni de louer, tant que les travaux prescrits ne sont pas réalisés et l'arrêté levé. Vous avez donc gagné une procédure de deux ans pour vous retrouver avec un chantier à financer, une copropriété qui traîne et zéro revenu. C'est la raison pour laquelle certains dossiers marseillais n'ont économiquement aucune issue par l'expulsion seule.

Ce scénario n'est pas une hypothèse d'école. Il concerne une part réelle du parc ancien du centre et des copropriétés en difficulté des quartiers nord. Si vous êtes dans ce cas, la question n'est plus de savoir combien de temps la procédure va durer, mais ce que vaudra le bien à la fin.

Les occupants qui paient un loyer à quelqu'un d'autre

Une configuration spécifiquement marseillaise complique encore le tableau. Dans certaines copropriétés dégradées, des réseaux organisés investissent les logements vacants et les sous-louent contre espèces. Les personnes à l'intérieur ne se vivent pas comme des squatteurs. Elles paient, elles ont parfois un faux bail, et elles se défendront comme des locataires.

Pour vous, cela change deux choses. Le dépôt de plainte devient indispensable, parce que la qualification pénale du réseau modifie la suite. Et la voie rapide de la flagrance se referme presque toujours, puisque l'occupation est déjà installée quand vous la découvrez.

La procédure dans les Bouches-du-Rhône

La loi du 27 juillet 2023 permet au préfet de statuer sous 48 heures sur une mise en demeure de quitter les lieux, au titre de l'article 38 de la loi DALO. L'évacuation intervient ensuite dans un délai qui ne peut être inférieur à 24 heures si le logement est votre domicile, ou à 7 jours pour un local d'habitation qui ne l'est pas.

Quand cette voie est fermée, il reste l'assignation devant le tribunal judiciaire de Marseille. Vous obtenez une ordonnance, puis le commissaire de justice demande le concours de la force publique au préfet des Bouches-du-Rhône. L'administration a deux mois pour répondre et son silence vaut refus. En cas de refus, l'État vous indemnise de la perte de loyers, mais ne répare ni les dégradations, ni la perte de valeur, et ne vous rend pas la disposition du logement.

Ce que l'immobilisation coûte ici, en euros

Le marché marseillais tourne autour de 3 340 €/m² pour un appartement à la mi-2026, avec de très forts écarts entre les quartiers. Un T3 de 65 m² représente donc de l'ordre de 215 000 € de valeur libre.

PosteSur 12 mois d'occupation
Loyer non perçu7 000 à 10 000 €
Charges de copropriété1 200 à 4 000 €, davantage en copropriété en difficulté
Taxe foncière800 à 1 800 €
Frais de procédure2 000 à 6 000 €
Remise en étatTrès variable, et sans plafond si un arrêté impose des travaux

Ce sont des ordres de grandeur destinés à situer le sujet, pas une promesse. Le poste qui fait basculer un dossier marseillais est presque toujours le dernier.

Votre bien marseillais est occupé ? Décrivez-nous la situation, l'appel est gratuit et sans engagement.

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Comment se calcule la décote

La fourchette de 30 à 50 % qui circule ne veut rien dire prise isolément. À Marseille, trois éléments pèsent bien plus lourd que la moyenne nationale.

L'état de l'immeuble d'abord, parce qu'il conditionne la revente future autant que le logement lui-même. L'existence d'un arrêté ensuite, qui transforme l'achat en engagement de travaux. L'avancement de votre dossier enfin, un bien avec occupants identifiés et ordonnance obtenue se négociant très au-dessus d'un bien dont vous ignorez qui se trouve à l'intérieur.

À l'inverse, un lot sain dans une copropriété saine, même occupé, se traite bien. Ne partez pas du principe que Marseille rime avec décote maximale.

Notre intervention à Marseille

Nous reprenons le dossier là où il en est, y compris avec un arrêté en cours ou des charges impayées. L'occupation et l'état de l'immeuble sont déclarés dans l'acte, et nous assumons ensuite la procédure et les travaux à nos frais.

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Un appel de 15 minutes

Vous décrivez l'occupation, mais aussi l'immeuble, la copropriété et l'existence éventuelle d'un arrêté. C'est ce qui détermine tout le reste.

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Une offre sous 24h

Nous vous montrons comment la décote se décompose, y compris la part liée aux travaux. Vous n'êtes engagé à rien.

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Signature et virement

Nous prenons en charge le notaire et le suivi. Finalisation en moins de 30 jours.

Les aides gratuites accessibles dans le département

Avant toute décision, allez chercher un avis qui ne vous coûte rien et qui n'a rien à vous vendre. Nous préférons que vous arriviez informé.

  • L'ADIL des Bouches-du-Rhône, où des juristes du logement vous reçoivent gratuitement et vous diront objectivement ce que vaut votre dossier.
  • Le tribunal judiciaire de Marseille, pour l'accès au droit et l'orientation vers une consultation d'avocat.
  • La préfecture des Bouches-du-Rhône, pour la demande de concours de la force publique et, en cas de refus, pour la demande indemnitaire.
  • Le service communal d'hygiène et de santé de la Ville, si vous devez faire le point sur un arrêté qui frappe votre immeuble.
  • L'aide juridictionnelle, si vos revenus le permettent, avant de mandater un avocat.

Questions fréquentes

Mon logement est sous arrêté de mise en sécurité et occupé. Puis-je encore le céder ?

Oui, mais l'arrêté doit être déclaré dans l'acte notarié. C'est précisément le type de dossier que les acheteurs classiques refusent et que nous savons reprendre, parce que nous intégrons le coût des travaux prescrits dans notre offre.

Que se passe-t-il si mes occupants paient un loyer à un tiers ?

Cela arrive dans certaines copropriétés marseillaises où des réseaux investissent des logements vacants et les sous-louent. Les occupants se croient locataires et présentent parfois de faux baux. Le dépôt de plainte devient indispensable, car la qualification pénale change la suite de la procédure.

L'expulsion suffit-elle à me rendre un bien exploitable à Marseille ?

Pas toujours. Si le logement est frappé d'une interdiction d'habiter, vous récupérez un bien que vous n'avez pas le droit de relouer tant que les travaux prescrits ne sont pas réalisés et levés. C'est un second blocage que beaucoup de propriétaires découvrent trop tard.

Rachetez-vous des lots en copropriété dégradée ?

Oui. La dégradation de l'immeuble pèse sur la valeur, elle ne rend pas le dossier irrecevable. Nous regardons les charges impayées, les appels de fonds votés et l'état des parties communes avant de chiffrer.

Intervenez-vous ailleurs que dans Marseille intra-muros ?

Oui, sur l'ensemble des Bouches-du-Rhône, y compris Aix-en-Provence, l'étang de Berre et le pourtour marseillais.