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Vendre un bien squatté à Paris

À Paris, ce n'est presque jamais le tribunal qui bloque. C'est la préfecture de police. Comprendre où votre dossier va réellement s'arrêter change tout à la décision que vous avez à prendre.

En bref

  • À Paris, la demande de concours de la force publique s'adresse au préfet de police. Son silence pendant deux mois vaut refus.
  • La procédure express de l'article 38 de la loi DALO permet une évacuation en 72 heures, mais elle exige des conditions strictes que beaucoup de dossiers parisiens ne remplissent pas.
  • En cas de refus de la force publique, l'État vous indemnise. Cette indemnité ne couvre ni les dégradations, ni la perte de valeur, et ne vous rend pas le logement.
  • Avec un marché parisien autour de 9 800 €/m², chaque mois d'immobilisation représente plusieurs milliers d'euros de charges et de loyers perdus sur un simple deux-pièces.
  • La décote au rachat dépend surtout de l'avancement de votre dossier, pas de votre arrondissement.

Où le dossier se bloque réellement dans la capitale

La plupart des propriétaires parisiens confrontés à une occupation illicite concentrent leur énergie sur l'audience. Ils obtiennent une ordonnance d'expulsion, souvent dans des délais acceptables, et pensent le plus dur derrière eux. C'est là que le dossier s'arrête.

Une décision de justice ne s'exécute pas toute seule. Le commissaire de justice doit demander le concours de la force publique, et à Paris cette demande n'est pas adressée à une préfecture de département mais au préfet de police. L'administration dispose de deux mois pour répondre. Passé ce délai, son silence équivaut juridiquement à un refus.

Dans une zone où le relogement d'urgence est saturé, ce refus n'a rien d'exceptionnel. Il est la règle plus souvent que l'exception, et il transforme une victoire judiciaire en dossier suspendu pour une durée que personne ne peut vous garantir.

Les deux voies ouvertes à un propriétaire parisien

La voie express de l'article 38

La loi du 27 juillet 2023 a élargi la procédure administrative d'évacuation forcée prévue à l'article 38 de la loi DALO. Le préfet statue sous 48 heures sur la mise en demeure. L'évacuation peut ensuite intervenir dans un délai qui ne peut être inférieur à 24 heures lorsque le logement constitue votre domicile, ou à 7 jours pour un local à usage d'habitation qui n'est pas votre domicile.

Sur le papier, tout peut donc se régler en 72 heures. En pratique, cette voie suppose un dossier complet et immédiat, avec un dépôt de plainte, une preuve de propriété et une démonstration que le logement était bien occupé avant l'intrusion. Un studio loué en meublé et laissé vacant deux mois entre deux locataires coche difficilement toutes les cases, et l'administration parisienne les vérifie. Nos articles sur la flagrance et le dépôt de plainte détaillent ce que le dossier doit contenir.

La voie judiciaire

Quand les conditions de l'article 38 ne sont pas réunies, il reste l'assignation devant le tribunal judiciaire de Paris, parvis Robert-Badinter dans le 17e arrondissement. Vous obtenez une ordonnance, puis vous retombez sur l'étape du concours de la force publique décrite plus haut.

ÉtapeQui décideDélai encadré par les textes
Mise en demeure article 38 DALOPréfet de police48 heures pour statuer
Évacuation après mise en demeurePréfet de police24 heures ou 7 jours selon le cas
Assignation et audienceTribunal judiciaire de ParisAucun délai garanti
Concours de la force publiquePréfet de police2 mois, le silence valant refus

Ce que le refus de la force publique change pour vous

Un refus n'est pas une impasse totale. La responsabilité de l'État est engagée sans faute, et vous pouvez demander réparation. Un décret entré en vigueur le 7 novembre 2025 a précisé cette procédure d'indemnisation, dont la demande se dépose auprès de la préfecture de police pour les biens parisiens.

Le point que personne ne vous dira spontanément L'indemnisation compense principalement la perte de revenus locatifs à compter du refus. Elle ne répare pas les dégradations, elle ne compense pas la perte de valeur vénale de votre logement, et surtout elle ne vous en rend pas la disposition. Vous restez propriétaire d'un bien que vous ne pouvez ni habiter, ni louer, ni mettre sur le marché dans des conditions normales, tout en continuant d'assumer la taxe foncière et les charges de copropriété.

C'est cette nuance qui pèse dans la balance. Une indemnité mensuelle peut sembler acceptable la première année. Elle le devient beaucoup moins quand elle s'installe et que le logement se dégrade en parallèle.

Ce que l'immobilisation coûte à Paris, en euros

Le marché parisien tourne autour de 9 800 €/m² à l'été 2026, avec un écart marqué entre les arrondissements centraux et l'est de la capitale. Ce niveau de prix rend l'immobilisation particulièrement lourde, parce que tout se calcule sur une base de valeur élevée.

Prenons un deux-pièces de 40 m² dans un arrondissement moyen, soit environ 390 000 € de valeur libre.

PosteSur 12 mois d'occupation
Loyer non perçu12 000 à 16 000 €
Charges de copropriété1 500 à 3 000 €
Taxe foncière800 à 1 500 €
Frais de procédure2 000 à 6 000 €
Remise en état à la sortieTrès variable, souvent 5 000 à 30 000 €

Ces fourchettes sont des ordres de grandeur, pas une promesse. Elles servent à situer le sujet. Sur trois ans de blocage, un dossier parisien dépasse fréquemment le coût d'une décote de rachat, ce qui est exactement le calcul que nous vous aidons à poser.

Votre logement parisien est occupé ? Décrivez-nous la situation, l'appel est gratuit et sans engagement.

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Comment se calcule la décote

Les chiffres qui circulent parlent de 30 à 50 % sous le prix du marché. C'est une moyenne qui ne veut rien dire prise isolément, parce qu'elle mélange des dossiers qui n'ont rien à voir entre eux.

Ce qui fait vraiment bouger le curseur, c'est l'avancement de votre dossier. Un logement dont les occupants sont identifiés, avec une ordonnance d'expulsion déjà obtenue et une demande de force publique déposée, se négocie très loin d'un logement dont vous ignorez qui se trouve à l'intérieur et pour lequel aucune plainte n'a été déposée. Le second concentre tous les risques sur l'acquéreur, le premier presque plus aucun.

Viennent ensuite l'état supposé du bien, la nature de l'occupation et la liquidité du secteur. Un appartement dans un immeuble haussmannien bien tenu se replace plus facilement qu'un lot en copropriété dégradée, et cela se voit dans l'offre.

Notre intervention dans la capitale

Nous reprenons votre dossier au stade où il se trouve, y compris si la force publique vous a déjà été refusée. La signature se fait chez un notaire, l'occupation étant clairement déclarée dans l'acte, et nous poursuivons ensuite la procédure à nos frais.

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Un appel de 15 minutes

Vous décrivez la situation et l'état de la procédure. Nous vous disons honnêtement si une cession a du sens, ou si votre dossier a de bonnes chances d'aboutir sans nous.

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Une offre sous 48h

Nous vous expliquons comment la décote est construite, poste par poste. Vous n'êtes engagé à rien.

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Signature et virement

Nous prenons en charge le notaire et le suivi. Finalisation en moins de 30 jours.

Les aides gratuites accessibles à Paris

Avant toute décision, allez chercher un avis qui ne vous coûte rien et qui n'a rien à vous vendre. Nous préférons que vous arriviez informé.

  • ADIL de Paris, 46 bis boulevard Edgar Quinet dans le 14e, joignable au 01 42 79 50 50. Des juristes du logement vous reçoivent gratuitement et vous diront objectivement ce que vaut votre dossier.
  • Tribunal judiciaire de Paris, parvis Robert-Badinter dans le 17e, pour l'accès au droit et l'orientation vers une consultation d'avocat.
  • Préfecture de police, pour la demande de concours de la force publique et, en cas de refus, pour la demande indemnitaire.
  • L'aide juridictionnelle, si vos revenus le permettent, avant de mandater un avocat.

Questions fréquentes

Peut-on céder un logement parisien encore occupé par des squatteurs ?

Oui. Le droit de propriété n'est pas suspendu par l'occupation. La signature se fait chez un notaire parisien, l'occupation étant déclarée dans l'acte. L'acquéreur reprend le bien en l'état et poursuit la procédure à sa charge.

Pourquoi la procédure est-elle plus longue à Paris qu'ailleurs ?

Le blocage parisien se situe rarement au tribunal. Il se situe à l'étape du concours de la force publique, accordé par le préfet de police. En zone très tendue, l'absence de solution de relogement conduit fréquemment à un refus ou à un silence de deux mois valant refus.

L'indemnisation de l'État remplace-t-elle la récupération du bien ?

Non. Elle couvre principalement la perte de revenus locatifs et certaines charges. Elle ne couvre ni les dégradations, ni la perte de valeur vénale, et elle ne vous rend pas la disposition du logement.

Quelle décote appliquer sur un bien occupé à Paris ?

Elle dépend de l'avancement du dossier bien plus que de l'arrondissement. Un bien sans aucune procédure engagée subit la décote la plus forte. Un bien avec ordonnance d'expulsion obtenue et occupants identifiés se négocie nettement plus haut.

Faut-il avoir déjà porté plainte avant de nous contacter ?

Ce n'est pas obligatoire, mais c'est utile. Le dépôt de plainte et le constat de commissaire de justice datent l'occupation et sécurisent la suite. Sans ces pièces, le dossier reste recevable mais l'évaluation est plus prudente.

Intervenez-vous en petite couronne autour de Paris ?

Oui. Les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne relèvent du même marché et des mêmes difficultés d'exécution que la capitale.